L'école de demain

De Un nouvel élan wiki citoyen


NOS PROPOSITIONS

1. Investir davantage en primaire afin de réduire le nombre d’élèves par classe et d’améliorer l’apprentissage des bases.

2. Mettre des éducateurs /« auxiliaires d’éducation » dans les ZEP pour aider à la gestion des élèves en difficulté.

3. Proposer un système d’affectation des enseignants basé sur l’expérience et la rémunération. Les enseignants les plus expérimentés devraient être « incentivés » à s’occuper des écoles difficiles ayant besoin d’un niveau d’accompagnement plus élevé.

4. Evaluer régulièrement les élèves avec un test d’aptitudes afin d’identifier les élèves en décrochage ou ayant des lacunes trop importantes dès le CP.

5. Réhabiliter le système de notation ET d’évaluation dès la primaire.

6. Mettre en place dans chaque école un enseignant spécialisé et formé aux difficultés d’apprentissage pour les enfants en décrochage.

7. Permettre aux élèves en difficulté de suivre des cours spécialisés ou de suivre une remise à niveau pendant les vacances scolaires.

8. Revaloriser la rémunération des enseignants et établir un système basé sur le mérite (les enseignants gérant les situations les plus difficiles devraient être rémunérés en conséquence).

9. Rendre obligatoire les formations continues des enseignants à hauteur de minimum 40h/an. Ces formations pourraient notamment être suivies pendant les vacances scolaires.

10. Former et sensibiliser les enseignants au monde du travail et à la sphère privée.

11. Créer une Campagne de communication pour le recrutement des enseignants visant à redonner du sens, revaloriser la fonction et susciter la vocation.

12. Favoriser la diversification pédagogique dès l’école primaire: travail en mode projet à partir du CE2/CM1, illustrer les acquis, travailler sur la prise de parole en public et la confiance en soi.

13. Former les enseignants à la diversification pédagogique.

LE SYSTÈME SCOLAIRE 

Notre constat

  • La France alloue 5,3% de son PIB aux dépenses d’éducation (formation initiale hors pré-élémentaire et formation continue) ce qui est au-dessus de la moyenne de l’UE (4,9%) – (Allemagne : 4,4%, Italie : 3,9%) [1]
  • La France dépense en moyenne 7 400€/élève dans le 1er degré contre 8 730€ pour la moyenne de l’OCDE et 11 820€/élève dans le 2nd degré contre 10 110€ pour la moyenne de l’OCDE [2]
Comparaison du nombre d'élèves moyen/classe dans le primaire en Europe [3]
  • En primaire, le nombre d’élèves moyen/classe est de 19,4 contre 15,1 pour la moyenne des pays de l’OCDE alors qu’en secondaire, le nombre d’élèves moyen/classe est de 12,9 contre 13,3 pour la moyenne des pays de l’OCDE [3]
  • La durée de scolarisation obligatoire en France est en ligne avec la durée des autres pays (6 à 16 ans) – (Allemagne, Italie, Espagne, Danemark)
  • La France à moins de sortants précoces (Jeunes de 18 à 24 ans qui ne poursuivent ni études, ni formation et qui n’ont ni CAP, ni BEP, ni diplôme plus élevé) que la moyenne de l’UE (8,8% contre 10,7%) [2]
  • Les enseignants débutants doivent faire face aux cas les plus complexes (ZEP) alors que les meilleurs enseignants sont souvent dans les zones favorisées [4]
  • 43% des établissements scolaires ne participent pas à des évaluations extérieures contre 25% dans la moyenne de l’OCDE [5]

La problématique : Quelles sont les réformes à adopter pour améliorer le système ?

Nos solutions

1) Investir davantage en primaire afin de réduire le nombre d’élèves par classe et d’améliorer l’apprentissage des bases : Nous avons constaté que le budget alloué à l’enseignement en école primaire est en proportion moyenne plus faible en France par rapport aux pays de l’OCDE. A contrario, les investissements faits dans l’enseignement secondaire (collèges, lycées) sont en moyenne plus important en France qu’ailleurs. Or, le décrochage scolaire précoce et les difficultés rencontrées par un nombre croissant d’enfants pour maîtriser les bases d’entrée au collège, nous incitent à porter nos efforts sur le début du parcours éducatif de tous les enfants.

2) Mettre des éducateurs /« auxiliaires d’éducation » dans les ZEP pour aider à la gestion des cas difficiles : Particulièrement les banlieues où l’indiscipline en classe est la plus présente et la plus problématique. Nous voyons aussi cette proposition comme un moyen de mieux impliquer les jeunes adultes des cités, ayant des difficultés à se positionner sur le marché de l’emploi. En les responsabilisant, en leur donnant cette chance de prévenir les risques du décrochage scolaire auprès des élèves turbulents, ils peuvent se poser comme des garants de l’évitement de l’échec. Enfin, la parole de ces auxiliaires d’éducation sera probablement plus respectée car ils comprennent les difficultés vécues en dehors de l’école par les enfants des mêmes quartiers. L’objectif ultime est de réconcilier les banlieues sensibles avec l’École de la République.

3) Proposer un système d’affectation des enseignants basé sur l’expérience et la rémunération. Les enseignants les plus expérimentés devraient être incentivés à s’occuper des écoles difficiles ayant besoin d’un niveau d’accompagnement plus élevé.

LA PERFORMANCE DES ÉLÈVES

Notre constat

Influence du milieu socio-économique sur la performance des élèves en mathématiques (PISA 2012) [1]
  • Le score moyen de la France en culture scientifique est dans la moyenne des pays de l’OCDE (PISA 2015) [2]
  • En CM1, 42% des élèves ont un niveau faible ou très faible en mathématiques contre 25% en moyenne (TIMSS 2015) [5]
  • A l’arrivée en 6ème, 45.8% des élèves présentent des difficultés de lecture [2]
  • En lecture, la France présente à la fois la part d’élèves très performants la plus élevée (13%) et la part d’élèves sous-performants la plus élevée (19%) [1]
  • La France est le pays où la performance des élèves est LA PLUS DÉPENDANTE du milieu socio-économique (Scores maths : 442pts pour les moins favorisés vs 561pts pour les plus favorisés - même groupe que la Bulgarie, la Hongrie et la Slovaquie) [1]
  • Depuis 2004, les compétences à l’écrit et à l’oral des élèves en langues étrangères sont en nette amélioration [2]
  • 1/4 des élèves de collèges/lycées bénéficient d’une bourse de l’Etat. Depuis 2000, le montant des aides a augmenté de 33% en moyenne [2]
  • En Lycées Professionnels, le taux d’absentéisme est de 13,8% et le nombre moyen d’incidents graves de 22,5/1000 contre 5,1% et 5/1000 en Lycées d'Enseignement Général et technologique [2]

Problématique : Quels sont les moyens à mettre en place pour redonner un enseignement d’excellence et égalitaire aux élèves ?

Nos solutions

4) Evaluer régulièrement les élèves avec un test d’aptitudes afin d’identifier les élèves en décrochage ou ayant des lacunes trop importantes dès le CP: Concrètement, nous formulons la proposition d’instaurer tous les 2 ans, en cours ou en fin d’années de CP, de CE2 et de CM2, des évaluations qui visent à vérifier et valider les acquis et identifier, sans aucun préjugé, les enfants qui n’auront pas validé l’essentiel des prérequis du programme scolaire. D’où ensuite la proposition suivante, qui doit permettre d’aider ces enfants à rattraper leur retard et de rester dans le bon wagon.

5) Réhabiliter le système de notation ET d’évaluation dès la primaire.

6) Mettre en place dans chaque école un enseignant spécialisé et formé aux difficultés d’apprentissage pour les enfants en décrochage.

7) Permettre aux élèves en difficulté de suivre des cours spécialisés ou de suivre une remise à niveau pendant les vacances scolaires: Nous savons que l’immense majorité des enseignants exercent leur métier par vocation, ce qui est clairement admirable et doit être absolument préservé. Donnons du sens à la profession d’enseignant et valorisons le fait qu’ils aient à accompagner, durant les vacances scolaires, des élèves en difficulté et qui ont besoin de plus de temps pour apprendre et assimiler. Cette proposition est pragmatique à plusieurs niveaux :

  • elle acte le principe de nécessité de prendre plus de temps pour des enfants ayant un besoin individualisé d’enseignement plus important, sans ralentir les élèves en mesure d’être instruits dans le temps qui leur est imparti
  • en effectuant ces « rattrapages » régulièrement, le risque de décrochage définitif de l’enfant est beaucoup moins important. Au contraire, cela lui permet de vivre son enfance dans la dignité et de poursuivre son parcours éducatif.
  • nous identifions deux ressorts psychologiques profondément positifs : la fierté de l’enfant conscient de ses difficultés qui parvient néanmoins, avec l’aide de son professeur et en prenant un peu plus de temps pour y parvenir, à compenser ses faiblesses et à les surmonter ; la motivation de pouvoir, pour les prochaines vacances scolaires, disposer du même temps de congés que ses camarades.
  • enfin, nous considérons que les vacances scolaires sont des périodes durant lesquelles les enseignants demeurent rétribués et au service public de l’État qui les emploie. Dans le cadre de leur mission d’intérêt général et en droite ligne avec leur vocation, les professeurs doivent se tenir en disponibilité, au minimum sur la base du volontariat et au maximum de façon obligatoire, pour accompagner les enfants en difficulté durant ces rattrapages post-évaluation. Partons également du principe qu’un enseignant sera beaucoup moins confronté à des gestions de cas épineuses et à des classes où les écarts entre les meilleurs élèves et les plus en difficulté sont trop importants, si cette proposition se décline sur une large échelle.

LA PLACE DES ENSEIGNANTS

Notre constat

La formation continue des enseignants dans les collèges [1]
  • Le salaire moyen des enseignants est inférieur de 12% à la moyenne de l’OCDE en primaire et sensiblement identique dans le secondaire (-2% en CITE 2 et 3) [1]
  • En France, les enseignants ont un niveau d’études parmi les plus élevés (Bac +5) mais sont les moins préparés à leur métier (seulement 1 an de formation spécifique, peu de pratique) [6]
  • La formation continue des enseignants est une des plus faibles d’Europe (< 5j et 53% participation vs 8j et 72% en moyenne) [1] [5]
  • Seuls 86% des enseignants sont satisfaits de leur métier (vs moyenne à 91%) [1]
  • Seuls 5% des enseignants trouvent leur métier valorisé par la société (vs moyenne à 31%) = score le plus bas avec la Slovaquie [1]

La problématique : Comment valoriser et professionnaliser le métier d’enseignant ?

Nos solutions

8) Revaloriser la rémunération des enseignants et établir un système basé sur le mérite (les enseignants gérant les situations les plus difficiles devraient être rémunérés en conséquence).

9) Rendre obligatoire les formations continues des enseignants à hauteur de minimum 40h/an. Ces formations pourraient notamment être suivies pendant les vacances scolaires: De la même façon que les avocats ou les experts-comptables qui doivent suivre des formations annuelles leur permettant de rester au fait des actualités et des évolutions majeures de leur métier, nous considérons qu’il est primordial que les professeurs aient accès à une formation continue de qualité concernant la pédagogie et l’éducation. Nous voyons également cette proposition comme une possibilité d’ouverture et de compréhension à l’égard du secteur privé : les enseignants pourraient être initiés à des bases théoriques et pratiques du management en entreprise, à des aspects liés aux ressources humaines, … cela afin de pouvoir s’en inspirer dans l’exercice de leur métier.

10) Former et sensibiliser les enseignants au monde du travail et à la sphère privée: Nous relevons qu’il n’existe aujourd’hui que peu (ou pas) de passerelles de communication mutuelle entre les sphères publiques d’enseignement et le monde du travail en secteur privé. L’incompréhension demeure très forte et cela se ressent aussi dans les conflits sociaux et la manière dont ils sont vécus selon sa catégorie socio-professionnelle. Tout cela déchire le tissu social français et ne facilite pas le sentiment d’appartenir à la même communauté nationale. Or, les parents travaillant dans le secteur privé ont des enfants et souhaitent le meilleur enseignement possible pour ces derniers ; et ces enfants deviennent ensuite des adultes qui doivent être préparés à travailler et à vivre de leur travail. L’École et le secteur de travail privé doivent mieux se comprendre et se connaître, afin que la première soit adaptée au second. Le secteur privé peut d’ailleurs aider l’École en lui apportant des ressources, par exemple.

11) Créer une Campagne de communication pour le recrutement des enseignants visant à redonner du sens, revaloriser la fonction et susciter la vocation: A l’image de ce qui existe pour le recrutement de soldats volontaires, ou de policiers, par exemple.

LA QUALITÉ DE L'ENSEIGNEMENT

Notre constat

Répartition du temps de cours dans les classes [1]
  • La France est le pays où l’enseignant passe le plus de temps sur 1h de cours à maintenir l’ordre en classe (16% vs 13% moyenne TALIS) [1] [7]
  • En France, les méthodes d’enseignement sont principalement basées sur le par cœur et la répétition. Nous sommes bien en dessous de la moyenne pour [1] [5] [8]:

- Faire travailler les élèves en petits groupes pour trouver une solution à un problème

- Donner des travaux différents aux élèves en difficulté ou en avance

- Faire référence à un problème de la vie courante pour illustrer les acquis

- Utiliser le numérique

La problématique : Quel enseignement pour demain ? Méthodes et pédagogie

Nos solutions

12) Favoriser la diversification pédagogique dès l’école primaire: travail en mode projet à partir du CE2/CM1, illustrer les acquis, travailler sur la prise de parole en public et la confiance en soi: Tous ces aspects se retrouvent dans la future vie professionnelle des enfants. Il s’agit donc de les sensibiliser et de les préparer à des fondamentaux qui leur serviront à l’avenir, et également de faire naître en chacun des élèves la notion de travail de groupe, de partage des tâches, de responsabilisation et d’échange de communication. Nous en revenons aussi à une formation et un apprentissage qui se veulent plus en phase avec la vie future des enfants : associer un enseignement d’acquis pédagogiques structurants (lecture, orthographe, grammaire, mathématiques, histoire, géographie) à des pratiques utiles et indispensables dans une carrière professionnelle.

13) Former les enseignants à la diversification pédagogique.

ABRÉVIATIONS

  • CITE : Classification Internationale Type de l’Education
  • OCDE : Organisation de Coopération et de Développement Economique est une organisation internationale d’études économiques regroupant 35 pays
  • PISA: Program for International Student Assessment (6500 élèves de 15 ans/pays dans > 65 pays)
  • SESC : Statut Economique Social et Culturel (Situation des parents, accès de l’élève à certains biens ou conditions)
  • TALIS : Teaching And Learning International Survey (200 établissements/degré enseignement – 20 enseignants/établissement – 34 pays)
  • TIMSS : Trends in International Mathematics and Science Study (Elèves de CM1 – 164 établissements en France - 48 pays)
  • ZEP: Zone d’Education Prioritaire

RÉFÉRENCES

  1. 1,00 1,01 1,02 1,03 1,04 1,05 1,06 1,07 1,08 1,09 1,10 et 1,11 "L'Europe de l'Education en chiffres" - 2016, Ministère de l’Education Nationale, Direction de l’évaluation, de la prospective et de la performance
  2. 2,0 2,1 2,2 2,3 2,4 2,5 et 2,6 "L'Etat de l'école" - 2017, Ministère de l’Education Nationale, Direction de l’évaluation, de la prospective et de la performance
  3. 3,0 et 3,1 "L'éducation nationale en chiffres" - 2017, Ministère de l’Education Nationale, Direction de l’évaluation, de la prospective et de la performance
  4. "En France, l'enseignement n'est pas pertinent" - 29 août 2014, Le Monde - Interview d'Andreas Schleicher, Directeur de l'Education de l'OCDE
  5. 5,0 5,1 5,2 et 5,3 "Ce que les enquêtes internationales (PISA, TIMSS) peuvent nous dire de l'état de l'école française" - 6 décembre 2016, Conseil National d’Évaluation du Système Scolaire
  6. "Enseignement: l'énoncé du problème" - 6 décembre 2016, Libération
  7. "Education : "La France est le pays où la discipline est la plus dégradée" parmi les pays de l'OCDE" - 30 mars 2017, France Télévisions
  8. "Éducation : les élèves français trop peu entraînés à travailler ensemble ?" - 21 novembre 2017, France Inter

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